Posté par DataTourisme aujourd'hui à 08:15
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Friche Belle de Mai
41 rue Jobin
13003
Marseille 3
Invitée à concevoir une double exposition personnelle entre Marseille et Avignon, sa première présentation institutionnelle en France, l’artiste Agata Ingarden a imaginé les deux accrochages comme « deux états atmosphériques distincts, au travers desquels nous percevons une même réalité. »
Répondant aux œuvres présentées à la Friche la Belle de Mai, toutes faites de verre et jouant avec l’illusion de la transparence, du regard traversant auquel rien ne résisterait, l’ensemble de la Collection Lambert se découvre sous le signe du clair de lune et de l’obscurité.
Dans chacun des lieux, l’artiste considère les sculptures-ascenseurs comme des « portails », donnant accès à l’énigmatique « Dream House World » ou monde de la maison des rêves. « Dream House n’est pas un récit avec un début ou une fin », nous apprend Agata Ingarden, « mais une infrastructure fictionnelle. Il est seulement important de comprendre qu’il existe un système sous-jacent [à notre réalité]. Nous ne savons pas exactement ce qui s’y passe, mais on peut [l’]imaginer. »
Cet univers de fiction, principe organisateur des productions d’Agata Ingarden, est structuré autour de quatre salles distinctes dont les noms évoquent la musique et la danse, la transe peut-être, en tout cas une forme d’isolement dans le collectif : les ‘rave’, ‘metal’, ‘base’ et ‘rythm rooms’.
Ce sont des architectures très différentes qu’esquissent les huit « Hermits », sculptures inédites connectant les deux expositions, comme un mystérieux passage. Constituées de débris de matériaux de construction issus du chantier pharaonique en cours à Ellinikon, près d’Athènes où vit Agata Ingarden, ces sculptures évoquent les bernard-l’hermites qui logent dans les coquilles vides de mollusques disparus ; mais aussi la solitude des vies érémitiques.
Dans un cas comme dans l’autre : le repli vers l’intériorité. Pourtant les « Hermits » d’Agata Ingarden semblent vides et leurs fenêtres de verre, dont les irisations évoquent de perpétuels couchers de soleil, se dilatent dangereusement vers l’extérieur, comme menaçant d’explosion.
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